Hier, il m'est arrivé un drôle de truc.
Un truc qui m'a ramenée quelques années en arrière et qui, à vrai dire, m'a fait beaucoup de bien. Mais c'est assez complexe à expliquer, je ne sais pas si je vais y réussir. En tout cas, je vais être obligée d'avoir recours à la technique du flashback une fois ou deux si je veux espérer un parvenir, ce qui pourrait rendre le truc encore moins compréhensible. Enfin, essayons, on verra bien.
Concrètement, que s'est-il passé ?
Ma petite sœur a une nouvelle amie depuis quelques temps. Je ne la connais pas, j'ai juste emmené ma sœur chez elle une fois, et elle est venue chez nous ce week end. Bon, très bien, et alors ? En fait, ma petite sœur me racontait ce qu'ils avaient fait -elle-même, la copine en question et le frère de la copine- la fois où je l'avais emmenée. La conversation allant, elle me donne quelques détails sur le frère qui me mettent la puce à l'oreille. Des bribes de descriptions et d'informations qui résonnent en moi comme étrangement familières. Et comment s'appelle-t-il ce frère, déjà ? Oula, c'est pas un nom si courant ça, t'aurais pas une photo ? Non, bon. Il a un Facebook ?
Bingo.
En fait, je connais ce garçon. Enfin, "connaître" est un bien grand mot. On va dire que c'était un de nos "amis" du lycée.
Premier flashback.
C'est quoi un "ami" du lycée ? C'est qui "nous" ?
Je devrais répondre à ces questions en commençant par la dernière. "nous", ce sont mes deux Moi et moi. Le Moi S, le Moi ES et moi (L). Bon, pour ceux qui ne le savent pas encore, le concept des Moi, c'est une façon de décrire la relation assez forte qui nous liaient, deux amies et moi. Chacune dans sa section, d'où les lettres pour nous différencier. J'aurais pu me contenter de donner des prénoms et de dire qu'il s'était agi d'amies. Mais le "Moi" laisse supposer quelque chose de beaucoup plus fort. Bref, passons.
La question du "nous" étant réglée, voyons celles de nos "amis" du lycée. En fait, il y avait tout un tas de gens qu'on ne connaissait pas forcément et qui suscitaient notre attention au lycée. Que ce soit pour une question vestimentaire, physique ou autre, même si en général cela touchait souvent l'apparence (rien d'anormal : quand on ne connaît pas les gens, qu'est-ce qu'on peut quand même savoir d'eux ? A quoi ils ressemblent.). On ne les connaissait pas mais du fait de les croiser souvent (dans un lycée de 600 élèves ce n'est pas compliqué) on les a forcément surpris dans des situations comiques ou originales, des choses qu'on a pu remarquer. En bref, il faisaient partie du spectacle quotidien qu'offre une cour de récréation. Et donc au final, ça nous faisait parler. Or à partir d'un moment, quand on veut parler de quelqu'un, le plus simple est encore de le désigner par son nom. Le problème c'est qu'on ne connaissait pas ceux de ces gens qu'on s'amusait à observer, donc on leur inventait des surnoms parfaitement identifiables et bien évidemment totalement débiles. Et comme il s'agissait de rire plutôt que de se moquer (merci Les Enfants de la Télé !) on a fini par s'attacher à ce personnes d'une certaine manière, d'où le qualificatif "d'amis".
Au final on en avait pas mal d'amis comme ça, et on prenait plaisir à les observer pendant nos temps mort, en attendant le bus par exemple. En fait, on se faisait un peu nos films sur les gens qu'on pouvaient croiser, en essayant de déduire des traits de leur personnalité à partir de ce qu'on pouvait observer. On faisait une sorte d'étude sociologique du lycée quoi (expliqué comme ça, ça fait presque -un peu- sérieux xD).
Donc en fait, le frère de la copine de ma petite soeur (attention, il faut suivre) avait été un de ces "amis" que nous aimions observer.
Du coup, ma petite soeur a voulu en savoir plus, notamment ce qui avait suscité notre intérêt à l'époque (pour les curieux, c'était sa chevelure 100% gel qui lui donnait l'air d'avoir des petites cornes sur les côtés de la tête, hummmmm). Alors ni une ni deux, je suis allée chercher ces informations à la source, c'est à dire dans le skyblog débile que nous tenions à l'époque.
Si, si, on a eu un skyblog. J'ai honte et je vous demande votre indulgence.
Enfin bref, ce blog est un puits sans fond en matière de délires et de réflexions débiles qu'on a pu avoir par le passé. Du coup, tout en cherchant les posts correspondants pour éclairer la lanterne de ma petite soeur, je me suis remémorée pas mal de choses et ça m'a beaucoup amusée (dieux, c'est vrai qu'on n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans).
Et c'est là seulement qu'on arrive au véritable intérêt de ce post.
Car oui, au début je disais qu'il m'était arrivé un "drôle de truc", et il ne s'agit pas simplement du fait d'avoir pu donner vie à un de ces fameux "amis" du lycée.
En fait, la consultation de messages aussi anciens sur le blog m'a ramenée quelques années en arrière. Ca m'a fait du bien d'un côté, et ça m'a permis de réellement prendre conscience du changement et du chemin parcouru.
Nous n'avons plus dix-sept ans. Nous ne sommes plus au lycée. Et à vrai dire, nous ne sommes même plus amies.
Si j'ai toujours des contacts plaisants et réguliers avec le Moi S, cela ne s'est pas aussi bien terminé que cela avec le Moi ES. Nous étions les plus proches du trio et nous sommes désormais fâchées, ad vitam eternam. En tout cas, je l'imagine.
Mais ce que les moments d'hier, à rire en cherchant des vestiges de nos observation sur le fameux frère, m'ont permis de comprendre, c'est que j'ai réellement dû passer outre tout cela sans même m'en rendre compte.
Deuxième flashback.
Ca devait être à la fin du mois de janvier de cette année, peut-être le début février. Mon incapacité à me souvenir de la date précise, quand on sait à quel point ma mémoire affective est aiguisée, témoigne du fait que de toute façon la question était déjà réglée avant même cette période. On a eu un échange de mails houleux avec mon Moi ES, qui sont littéralement les dernières communications qu'on a eues l'une avec l'autre. La vérité c'est qu'on a découvert que malgré nos innombrables similitudes de surface, on n'avait pas du tout la même façon de voir la vie et que nos conceptions des choses s'excluaient l'une l'autre. On ne pouvait plus s'entendre.
En l'espace d'une semaine, je suis passée par tous les états. La tristesse d'abord, de voir ma tentative de réconciliation piétinée. La colère ensuite, face à l'injustice dont elle a fait preuve à mon encontre. La déception, de constater que notre première dispute était aussi la dernière. Le mépris et la pitié pour une attitude que je trouve pathétique. Le soulagement d'être débarrassée d'un tel poids.
Et puis plus rien.
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une indifférence spontanée. Peut-être que c'est simplement que j'avais d'autres choses à faire, à prévoir. Que j'ai été pas mal entourée et que j'ai pu relâcher très vite toute cette pression accumulée depuis des années. J'avais tout simplement la tête trop remplie pour y penser, que ce soit en bien ou en mal. De temps en temps quelque chose m'y faisait penser, mais c'était plutôt ponctuel. C'est au final une preuve que c'était ce qu'il me fallait.
Ce n'est pas si loin que ça en vrai, ça ne date que du début de l'année, mais j'ai l'impression que ça fait déjà une éternité. Que c'est une autre ère de ma vie. Un peu comme après un déménagement. La sensation fait vraiment partie du pays des souvenirs.
Je pense avoir pas mal de défauts, comme tout le monde. Mais s'il y a un truc que je considère comme une qualité chez moi, c'est ça. Cette faculté de faire la part des choses. Ca demande de la patience, parfois des efforts, mais malgré mon défaitisme je pense faire partie des gens qui se battent pour conserver les bribes de bons souvenirs intactes, et qui font ce qu'ils peuvent pour en tirer du bon. C'est sans doute cette qualité qui m'a permis de ne pas devenir complètement folle cette année par rapport à l'absence de Mike. Cette faculté de s'attacher à ces détails qui sauvent, qui montrent que malgré tout ce qu'il s'est passé, ou tout ce qu'il se passera peut-être, certaines choses ont compté, et que rien ne le changera.
Je suis bien contente que ce blog soit toujours là. Cette époque ne me manque pas, et je ne regrette pas la situation actuelle. Mais j'aime vraiment avoir ces traces, ces petits bout de ce que j'étais il y a quelques années à peine. Ces événement ont fait ce que je suis, ont fait que mes amis sont qui ils sont et que ma façon de penser est ce qu'elle est. Et ça me fait plaisir, de pouvoir m'y replonger de temps en temps.
Je n'ai plus rien à voir avec ce qu'est Gaëlle. A vrai dire je me fous pas mal de ce qui peut lui arriver. Par contre, le Moi L et le Moi ES garderont toujours leur complicité, au moins sur ce skyblog. Et ça, ça me fait sourire. Je me dis qu'on a bien fait, de s'investir autant dans ce blog.
Un truc qui m'a ramenée quelques années en arrière et qui, à vrai dire, m'a fait beaucoup de bien. Mais c'est assez complexe à expliquer, je ne sais pas si je vais y réussir. En tout cas, je vais être obligée d'avoir recours à la technique du flashback une fois ou deux si je veux espérer un parvenir, ce qui pourrait rendre le truc encore moins compréhensible. Enfin, essayons, on verra bien.
Concrètement, que s'est-il passé ?
Ma petite sœur a une nouvelle amie depuis quelques temps. Je ne la connais pas, j'ai juste emmené ma sœur chez elle une fois, et elle est venue chez nous ce week end. Bon, très bien, et alors ? En fait, ma petite sœur me racontait ce qu'ils avaient fait -elle-même, la copine en question et le frère de la copine- la fois où je l'avais emmenée. La conversation allant, elle me donne quelques détails sur le frère qui me mettent la puce à l'oreille. Des bribes de descriptions et d'informations qui résonnent en moi comme étrangement familières. Et comment s'appelle-t-il ce frère, déjà ? Oula, c'est pas un nom si courant ça, t'aurais pas une photo ? Non, bon. Il a un Facebook ?
Bingo.
En fait, je connais ce garçon. Enfin, "connaître" est un bien grand mot. On va dire que c'était un de nos "amis" du lycée.
Premier flashback.
C'est quoi un "ami" du lycée ? C'est qui "nous" ?
Je devrais répondre à ces questions en commençant par la dernière. "nous", ce sont mes deux Moi et moi. Le Moi S, le Moi ES et moi (L). Bon, pour ceux qui ne le savent pas encore, le concept des Moi, c'est une façon de décrire la relation assez forte qui nous liaient, deux amies et moi. Chacune dans sa section, d'où les lettres pour nous différencier. J'aurais pu me contenter de donner des prénoms et de dire qu'il s'était agi d'amies. Mais le "Moi" laisse supposer quelque chose de beaucoup plus fort. Bref, passons.
La question du "nous" étant réglée, voyons celles de nos "amis" du lycée. En fait, il y avait tout un tas de gens qu'on ne connaissait pas forcément et qui suscitaient notre attention au lycée. Que ce soit pour une question vestimentaire, physique ou autre, même si en général cela touchait souvent l'apparence (rien d'anormal : quand on ne connaît pas les gens, qu'est-ce qu'on peut quand même savoir d'eux ? A quoi ils ressemblent.). On ne les connaissait pas mais du fait de les croiser souvent (dans un lycée de 600 élèves ce n'est pas compliqué) on les a forcément surpris dans des situations comiques ou originales, des choses qu'on a pu remarquer. En bref, il faisaient partie du spectacle quotidien qu'offre une cour de récréation. Et donc au final, ça nous faisait parler. Or à partir d'un moment, quand on veut parler de quelqu'un, le plus simple est encore de le désigner par son nom. Le problème c'est qu'on ne connaissait pas ceux de ces gens qu'on s'amusait à observer, donc on leur inventait des surnoms parfaitement identifiables et bien évidemment totalement débiles. Et comme il s'agissait de rire plutôt que de se moquer (merci Les Enfants de la Télé !) on a fini par s'attacher à ce personnes d'une certaine manière, d'où le qualificatif "d'amis".
Au final on en avait pas mal d'amis comme ça, et on prenait plaisir à les observer pendant nos temps mort, en attendant le bus par exemple. En fait, on se faisait un peu nos films sur les gens qu'on pouvaient croiser, en essayant de déduire des traits de leur personnalité à partir de ce qu'on pouvait observer. On faisait une sorte d'étude sociologique du lycée quoi (expliqué comme ça, ça fait presque -un peu- sérieux xD).
Donc en fait, le frère de la copine de ma petite soeur (attention, il faut suivre) avait été un de ces "amis" que nous aimions observer.
Du coup, ma petite soeur a voulu en savoir plus, notamment ce qui avait suscité notre intérêt à l'époque (pour les curieux, c'était sa chevelure 100% gel qui lui donnait l'air d'avoir des petites cornes sur les côtés de la tête, hummmmm). Alors ni une ni deux, je suis allée chercher ces informations à la source, c'est à dire dans le skyblog débile que nous tenions à l'époque.
Si, si, on a eu un skyblog. J'ai honte et je vous demande votre indulgence.
Enfin bref, ce blog est un puits sans fond en matière de délires et de réflexions débiles qu'on a pu avoir par le passé. Du coup, tout en cherchant les posts correspondants pour éclairer la lanterne de ma petite soeur, je me suis remémorée pas mal de choses et ça m'a beaucoup amusée (dieux, c'est vrai qu'on n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans).
Et c'est là seulement qu'on arrive au véritable intérêt de ce post.
Car oui, au début je disais qu'il m'était arrivé un "drôle de truc", et il ne s'agit pas simplement du fait d'avoir pu donner vie à un de ces fameux "amis" du lycée.
En fait, la consultation de messages aussi anciens sur le blog m'a ramenée quelques années en arrière. Ca m'a fait du bien d'un côté, et ça m'a permis de réellement prendre conscience du changement et du chemin parcouru.
Nous n'avons plus dix-sept ans. Nous ne sommes plus au lycée. Et à vrai dire, nous ne sommes même plus amies.
Si j'ai toujours des contacts plaisants et réguliers avec le Moi S, cela ne s'est pas aussi bien terminé que cela avec le Moi ES. Nous étions les plus proches du trio et nous sommes désormais fâchées, ad vitam eternam. En tout cas, je l'imagine.
Mais ce que les moments d'hier, à rire en cherchant des vestiges de nos observation sur le fameux frère, m'ont permis de comprendre, c'est que j'ai réellement dû passer outre tout cela sans même m'en rendre compte.
Deuxième flashback.
Ca devait être à la fin du mois de janvier de cette année, peut-être le début février. Mon incapacité à me souvenir de la date précise, quand on sait à quel point ma mémoire affective est aiguisée, témoigne du fait que de toute façon la question était déjà réglée avant même cette période. On a eu un échange de mails houleux avec mon Moi ES, qui sont littéralement les dernières communications qu'on a eues l'une avec l'autre. La vérité c'est qu'on a découvert que malgré nos innombrables similitudes de surface, on n'avait pas du tout la même façon de voir la vie et que nos conceptions des choses s'excluaient l'une l'autre. On ne pouvait plus s'entendre.
En l'espace d'une semaine, je suis passée par tous les états. La tristesse d'abord, de voir ma tentative de réconciliation piétinée. La colère ensuite, face à l'injustice dont elle a fait preuve à mon encontre. La déception, de constater que notre première dispute était aussi la dernière. Le mépris et la pitié pour une attitude que je trouve pathétique. Le soulagement d'être débarrassée d'un tel poids.
Et puis plus rien.
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une indifférence spontanée. Peut-être que c'est simplement que j'avais d'autres choses à faire, à prévoir. Que j'ai été pas mal entourée et que j'ai pu relâcher très vite toute cette pression accumulée depuis des années. J'avais tout simplement la tête trop remplie pour y penser, que ce soit en bien ou en mal. De temps en temps quelque chose m'y faisait penser, mais c'était plutôt ponctuel. C'est au final une preuve que c'était ce qu'il me fallait.
Ce n'est pas si loin que ça en vrai, ça ne date que du début de l'année, mais j'ai l'impression que ça fait déjà une éternité. Que c'est une autre ère de ma vie. Un peu comme après un déménagement. La sensation fait vraiment partie du pays des souvenirs.
Je pense avoir pas mal de défauts, comme tout le monde. Mais s'il y a un truc que je considère comme une qualité chez moi, c'est ça. Cette faculté de faire la part des choses. Ca demande de la patience, parfois des efforts, mais malgré mon défaitisme je pense faire partie des gens qui se battent pour conserver les bribes de bons souvenirs intactes, et qui font ce qu'ils peuvent pour en tirer du bon. C'est sans doute cette qualité qui m'a permis de ne pas devenir complètement folle cette année par rapport à l'absence de Mike. Cette faculté de s'attacher à ces détails qui sauvent, qui montrent que malgré tout ce qu'il s'est passé, ou tout ce qu'il se passera peut-être, certaines choses ont compté, et que rien ne le changera.
Je suis bien contente que ce blog soit toujours là. Cette époque ne me manque pas, et je ne regrette pas la situation actuelle. Mais j'aime vraiment avoir ces traces, ces petits bout de ce que j'étais il y a quelques années à peine. Ces événement ont fait ce que je suis, ont fait que mes amis sont qui ils sont et que ma façon de penser est ce qu'elle est. Et ça me fait plaisir, de pouvoir m'y replonger de temps en temps.
Je n'ai plus rien à voir avec ce qu'est Gaëlle. A vrai dire je me fous pas mal de ce qui peut lui arriver. Par contre, le Moi L et le Moi ES garderont toujours leur complicité, au moins sur ce skyblog. Et ça, ça me fait sourire. Je me dis qu'on a bien fait, de s'investir autant dans ce blog.






